4 octobre 2026
Déclaration de la députée Gazan à l’occasion de la Journée nationale d’action pour les FFADA2S+
Le 4 octobre 2026, la députée Gazan, porte-parole du NPD en matière d’affaires autochtones, a fait la déclaration suivante:
Le 4 octobre est la Journée nationale d’action pour les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, les personnes bispirituelles et les personnes autochtones de diverses identités de genre, aussi connue sous le nom de Journée Sœurs par l’esprit.
Aujourd’hui, nous rendons hommage à la mémoire des femmes, des filles, des personnes bispirituelles et des personnes autochtones de diverses identités de genre qui ont disparu ou qui ont été victimes de violence. Nous reconnaissons également la force, l’amour et le dévouement des personnes survivantes, des familles et des défenseures et défenseurs qui continuent de mener le travail essentiel nécessaire pour répondre à ce génocide qui se poursuit. J’honore votre travail du cœur et je continuerai à être à vos côtés jusqu’à ce que ce génocide prenne enfin fin.
Les personnes survivantes et les familles ont dû naviguer avec courage dans des systèmes qui, trop souvent, ne parviennent pas à assurer leur protection, à intervenir lors de disparitions ou à offrir un soutien significatif. Ce sont leurs voix qui ont permis de faire connaître la vérité sur cette crise nationale, et c’est leur leadership qui demeure au cœur de ce travail.
Ce sont les témoignages des personnes survivantes et des familles qui ont alimenté l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, une démarche cruciale qui a présenté, en 2019, 231 appels à la justice décrivant les mesures nécessaires pour mettre fin au génocide qui se poursuit. Mais sept ans plus tard, seulement deux de ces appels ont été mis en œuvre, et 82 n’ont même pas été amorcés. Alors que la Chambre des communes a reconnu à l’unanimité que la situation des FFADA2S+ constitue une urgence à l’échelle du Canada, le gouvernement n’a pas réagi avec l’urgence et les ressources nécessaires.
La semaine dernière, le Tribunal permanent des peuples a rendu sa décision finale à l’issue de sa session sur les enfants autochtones disparus et les tombes anonymes au Canada. Le tribunal international a conclu que le Canada avait commis des crimes internationaux de génocide et des crimes contre l’humanité à l’encontre des peuples autochtones, et que ces crimes se poursuivent. La décision souligne que la réponse du Canada à l’épidémie de violence visant les FFADA2S+ a été inadéquate et trop lente, ce qui ne permet pas de protéger les femmes et les filles autochtones contre de nouvelles violences.
Le Tribunal a également conclu que, bien que le Canada ait accueilli favorablement des rapports comme celui de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, « peu de choses ont réellement changé ». Il a également souligné que les gouvernements ont fait preuve d’un manque de diligence et de reddition de comptes dans les enquêtes visant à mettre fin aux taux élevés de violence envers les FFADA2S+.
Ces décisions témoignent de l’inaction actuelle du gouvernement. Près de la moitié du financement consacré aux initiatives lancées en réponse aux appels à la justice de l’Enquête nationale a été coupé, alors que le gouvernement fait avancer à toute vitesse des projets d’exploitation des ressources sans plans de sécurité pour les communautés. L’augmentation des projets d’exploitation des ressources sans plans de sécurité clairs et adéquatement financés entraînera une hausse de la violence envers les femmes et les filles autochtones. Cette conclusion figurait dans un rapport multipartite publié en 2022 par le Comité permanent de la condition féminine. En 2026, les recommandations du Tribunal permanent des peuples ont fait écho à cette préoccupation, appelant à « mettre fin au développement de pipelines à proximité des communautés autochtones conformément à l’Accord de Paris, et à assurer une sécurité durable dirigée par les Autochtones pour les communautés ».
Les femmes et les filles autochtones, les personnes bispirituelles et les personnes autochtones de diverses identités de genre méritent mieux. Nous avons droit à la sécurité et à la dignité.
En cette Journée nationale d’action, il incombe à nos dirigeantes et dirigeants de s’engager à écouter les personnes survivantes, les familles et les défenseures et défenseurs en mettant de toute urgence en œuvre les recommandations du Tribunal concernant la réponse au génocide des FFADA2S+ qui se poursuit, notamment par la mise en œuvre immédiate des 231 appels à la justice. Mes pensées accompagnent toutes les personnes survivantes, les familles et les défenseures et défenseurs.