4 juin 2026
Des travailleuses et travailleurs appellent les député·es à appuyer le projet de loi du NPD visant à démanteler les faux syndicats
OTTAWA — Les faux syndicats, dominés par les employeurs, font baisser les salaires, détériorent les conditions de travail et privent les travailleuses et travailleurs de toute influence réelle au travail. Aujourd'hui, des travailleuses et travailleurs se sont rassemblés sur la Colline du Parlement pour appeler les député·es de tous les partis à appuyer le projet de loi de la leader parlementaire du NPD, Heather McPherson, qui leur donnerait enfin les moyens de lutter contre ces faux syndicats.
Alors que les débats s'ouvrent aujourd'hui à la Chambre des communes, Mme McPherson était accompagnée de Siobhán Vipond, vice-présidente exécutive du Congrès du travail du Canada, et de travailleuses et travailleurs de partout au pays qui affirment que le Parlement ne peut plus ignorer l'existence d'une représentation qui n'est ni démocratique ni indépendante.
« Les vrais syndicats rendent des comptes aux travailleuses et travailleurs. Les faux syndicats, non », a déclaré Mme McPherson. « Lorsque les faux syndicats trahissent leurs propres membres, ils font baisser les salaires et détériorent les conditions de travail de toutes et tous. Les travailleuses et travailleurs réclament ces protections depuis des années. Le Parlement doit les entendre. » La loi fédérale reconnaît que les syndicats dominés par les employeurs constituent un problème et vise à les prévenir. Toutefois, une fois un syndicat accrédité, les travailleuses et travailleurs n’ont aucun moyen concret de lutter contre cette domination. Le projet de loi de Mme McPherson (projet de loi C-259) offre aux travailleuses et travailleurs un moyen clair de signaler leurs préoccupations concernant l’influence des employeurs au Conseil canadien des relations industrielles (CCRI), exige des organisations qu’elles démontrent leur indépendance lorsque de telles préoccupations sont soulevées et confère au CCRI le pouvoir de faire respecter ce projet de loi.
« Les syndicats forts sont bâtis par les travailleuses et travailleurs, pour les travailleuses et travailleurs. Ils constituent l’un des outils les plus puissants dont disposent les citoyennes et citoyens pour faire entendre leur voix, bâtir un pouvoir collectif et demander des comptes aux personnes au pouvoir », a déclaré Siobhán Vipond, vice-présidente exécutive du Congrès du travail du Canada. « Ce projet de loi protège ce principe fondamental reconnu partout dans le monde : les travailleuses et travailleurs méritent une représentation qui leur rende des comptes, et non à l’employeur. »
La conférence de presse a permis d’évoquer l’histoire de Sam Fitzpatrick. Ce jeune homme de 24 ans qui a trouvé la mort au travail. Lorsque le décès de M. Fitzpatrick a été examiné par le Tribunal d’appel de l’indemnisation des accidents du travail de la Colombie-Britannique (WCAT), son syndicat, le CLAC, s’est rangé du côté de l’employeur et s’est opposé à l’imposition de la peine maximale. Son cas demeure un rappel poignant des conséquences d’un manque de soutien de la part des organisations représentant les travailleuses et travailleurs.
Malgré les conclusions répétées des commissions des relations de travail concernant l'ingérence des employeurs dans la représentation des travailleuses et travailleurs, ces derniers ne disposent toujours pas d'un processus dédié pour contester les syndicats dominés par les employeurs.
« Les travailleuses et travailleurs méritent mieux », a affirmé Mme McPherson. « Libéraux et conservateurs affirment tous deux soutenir les travailleuses et travailleurs. Le projet de loi C-259 est l’occasion pour eux de le prouver. »
Le droit fédéral du travail canadien couvre environ un million de travailleuses et travailleurs dans les secteurs du transport, des télécommunications, de la radiodiffusion, des services bancaires, de la manutention des céréales, du débardage et de la construction sous réglementation fédérale.