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13 octobre 2026

Le député Johns dénonce la privatisation des services aux ancien·nes combattant·es par les libéraux et réclame la protection de leurs emplois

Une intervention tardive au Parlement remet en cause les projets du gouvernement visant à supprimer l’accès prioritaire des Commissionnaires aux marchés fédéraux de sécurité

OTTAWA – Le député néo-démocrate Gord Johns (Courtenay–Alberni) demande au gouvernement libéral de revenir sur sa décision de mettre fin à une politique fédérale de passation de marchés mise en place il y a 80 ans et qui favorise l’emploi des ancien·nes combattant·es canadien·nes. Il condamne cette mesure, qu’il qualifie de nouvelle étape inacceptable vers la privatisation, cette fois au détriment de celles et ceux qui ont servi leur pays.

« Les libéraux ont fermé les yeux sur la privatisation de notre système de santé, et voilà qu’ils étendent cette même approche aux services destinés aux ancien·nes combattant·es », a déclaré M. Johns. « Les ancien·nes combattant·es qui ont risqué leur vie pour le Canada ne devraient jamais voir leurs moyens de subsistance sacrifiés pour permettre à des entreprises privées d’augmenter leurs profits. »

M. Johns a interpellé le gouvernement à la Chambre des communes jeudi à 0 h 32, exigeant des réponses concernant sa décision de supprimer le droit de préemption du Corps canadien des commissionnaires sur les marchés fédéraux de sécurité à compter d’avril 2027.

Mise en place après la Seconde Guerre mondiale, cette politique visait à offrir des emplois aux ancien·nes combattant·es en transition vers la vie civile. Le Corps des commissionnaires est le plus grand employeur privé d’ancien·nes combattant·es au Canada, avec environ 3 500 ancien·nes combattant·es à son service dans tout le pays. Rien que dans la vallée de Comox, ses activités emploient plus de 100 personnes.

« Depuis huit décennies, les gouvernements fédéraux successifs ont reconnu que nous avions une obligation particulière envers les hommes et les femmes qui ont servi notre pays », a déclaré M. Johns. « Aujourd’hui, les libéraux renient cet engagement et ouvrent à la concurrence du secteur privé environ 330 millions de dollars par année en marchés publics fédéraux dans le domaine de la sécurité. Nos ancien·nes combattant·es méritent mieux que cela. »

M. Johns a récemment rencontré Mark Breslauer, PDG des Commissionnaires de Victoria, et Katelyn Anderson, responsable des services à la clientèle pour la région de North Island, qui lui ont fait part de l’incertitude croissante parmi les employé·es et leurs familles, notamment en ce qui concerne la sécurité d’emploi et la santé mentale.

Au lieu de collaborer avec les Commissionnaires pour moderniser le programme existant, a déclaré M. Johns, le gouvernement est en train de le démanteler sans plan de transition concret ni solution de rechange pour protéger les emplois des ancien·nes combattant·es.

Au cours de son intervention à la Chambre, tard dans la nuit, M. Johns s’est également demandé si le gouvernement avait rencontré des représentants de GardaWorld, une grande entreprise de sécurité privée, alors que les représentants des Commissionnaires peinent à obtenir des rendez-vous avec les responsables du ministère des Anciens Combattants.

« À qui le gouvernement prête-t-il attention? Aux ancien·nes combattant·es qui ont servi notre pays ou aux sociétés de sécurité privées qui ont tout à gagner de cette décision? », a demandé M. Johns. « Les Canadiennes et les Canadiens méritent de savoir quels intérêts sont à l’origine de ce changement de politique. »

M. Johns a également critiqué le fait que le gouvernement n’ait pas fait en sorte que la ministre des Anciens Combattants ou son secrétaire parlementaire réponde à ses questions à la Chambre.

« Cela s’inscrit dans une tendance inquiétante », a ajouté M. Johns. « Qu’il s’agisse d’ouvrir la voie à davantage de soins de santé privés à but lucratif ou de céder à des entreprises concurrentes des possibilités d’emploi de longue date pour les ancien·nes combattant·es, les libéraux font passer les intérêts privés avant leurs responsabilités publiques. Ce n’est pas ce que les Canadiennes et les Canadiens attendent de leur gouvernement. »

M. Johns exhorte le gouvernement à suspendre sa décision qui doit prendre effet en avril 2027, à dialoguer directement avec les Commissionnaires et à élaborer une politique qui protège les emplois des ancien·nes combattant·es tout en garantissant que les marchés fédéraux servent l’intérêt public.

La décision du gouvernement fédéral menace de compromettre un engagement de longue date envers les ancien·nes combattant·es et de créer davantage d’incertitude pour des milliers d’ancien·nes militaires et leurs familles. M. Johns a déclaré que le Canada devait honorer ses obligations envers les ancien·nes combattant·es plutôt que d’abandonner des mesures d’aide à l’emploi qui ont fait leurs preuves au profit d’une concurrence accrue du secteur privé.