20 octobre 2026
Le député Johns dénonce les libéraux pour avoir attribué un contrat de l'ARC à une entreprise américaine liée à l'ICE
OTTAWA – Le député néo-démocrate Gord Johns (Courtenay–Alberni) a interpellé aujourd’hui le gouvernement libéral à la Chambre des communes au sujet de sa décision d’attribuer un contrat fédéral de sécurité à une entreprise américaine dont une filiale détiendrait des contrats avec le Service de l’immigration et des douanes des États-Unis (ICE), l’agence responsable des expulsions massives menées par l’administration Trump. Le contrat de près de 12 millions de dollars pour assurer la sécurité des bureaux de l’Agence du revenu du Canada (ARC) a été retiré au Corps canadien des commissionnaires, une institution canadienne qui soutient les vétéranes et vétérans, pour une différence de prix d’un peu plus de 80 000 $, soit moins de 1 %.
« La population canadienne a été horrifiée d’apprendre hier que le Corps canadien des commissionnaires avait perdu un contrat de sécurité de près de 12 millions de dollars de l’ARC au profit d’une entreprise américaine », a déclaré M. Johns à la Chambre.
Lors de la période des questions et observations sur le projet de loi C-40, Loi visant à renforcer le secteur de la défense du Canada, M. Johns a aussi soulevé les liens présumés de l’entreprise avec les opérations d’expulsion de l’administration Trump.
« Sa filiale détiendrait des contrats avec l’ICE, l’agence responsable des expulsions massives menées par l’administration Trump », a-t-il déclaré.
M. Johns a demandé comment l’attribution de ce contrat à une société étrangère ayant de tels liens, plutôt qu’à une institution canadienne qui soutient les anciens et anciennes combattant·es, pouvait cadrer avec les promesses des libéraux d’« acheter canadien ». Il a réclamé des garanties contraignantes en matière de propriété canadienne, d’emploi des anciens et anciennes combattant·es, de droits du travail, de droits de la personne et de surveillance parlementaire.
« Pour une différence de prix de moins de 1 %, une institution canadienne qui soutient les anciens et anciennes combattant·es a perdu ce contrat au profit d’une société étrangère. Le gouvernement doit expliquer en quoi ses décisions en matière d’approvisionnement respectent ses engagements envers les travailleuses et travailleurs du Canada et les personnes qui ont servi notre pays », a déclaré M. Johns.
Cette intervention fait suite à une autre interpellation de M. Johns à la Chambre, tard en soirée, ainsi qu’à son appel du 9 octobre demandant au gouvernement de revenir sur sa décision de mettre fin, dès avril 2027, au droit de premier refus des commissionnaires pour les contrats fédéraux de sécurité. Cette politique de longue date favorise l’accès à l’emploi pour des milliers d’anciens et anciennes combattant·es qui passent à la vie civile.
« Ce sont nos voisins, des vétéranes et vétérans qui continuent de servir leur communauté. Les marchés publics devraient reconnaître leur contribution. L’emploi au Canada, l’embauche d’anciens et anciennes combattant·es et le respect des droits de la personne doivent faire l’objet de protections exécutoires, appuyées par la transparence et la surveillance parlementaire », a affirmé M. Johns.